Aiko et Hiroshi

Perdu dans la foule du métro,
Hiroshi jouait des épaules
Entre tous ces corps qui se frôlent
Et descendit à Hamacho.
Il s’engagea dans la ruelle
Egarée au cœur de Tokyo
Et partit rejoindre Aiko
Pour lui annoncer la nouvelle.

Quand elle apprit que son mari
Venait de perdre son boulot,
Aiko lui dit aussitôt
De n’pas trop se faire de soucis.
« Cela arrive à tout le monde,
Ça n’empêche pas de respirer
Et les pluies de l’automne inondent
Les trottoirs de nos destinées. »

Fébrile Hiroshi éplucha
Les annonces de beaucoup de sites.
Il fut convoqué quelquefois
Mais personne ne donnait suite.
Peu après Aiko lui dit
Qu’elle avait eu beaucoup de chance,
Elle commençait dès mercredi
En intérim dans une agence.

Hiroshi devint taciturne
Et noyait toute sa tristesse
Au cours de longues virées nocturnes
Dans l’alcool des bars à hôtesses.
Pendant tout ce temps Aiko
L’observait et ne disait mot,
Elle passait des heures intenses
A travailler dans son agence.

Au mois d’avril les cerisiers
Refleurirent dans les jardins,
Aiko saluait les voisins
Comme si rien n’avait changé.
Elle dit à l’homme qu’elle aimait :
« J’ai été promue au bureau,
Demain tu auras du boulot.»
Hiroshi se mit à pleurer.

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