Barbara (Mathieu Amalric)

Ce n’est pas un biopic, c’est un film sur un film en train de se faire. Ce parti pris formel n’est évidemment pas une nouveauté, nombre d’écrivains et de metteurs en scène s’y sont essayé, souvent avec succès (voir la nuit américaine de Truffaut). Ici, la prestation de Jeanne Balibar n’est pas en cause. Les afféteries touchantes et bien connues de Barbara, ses inspirations et ses sautes d’humeur sont parfaitement incarnées par l’actrice. Plusieurs passages chantés où Jeanne Balibar et son merveilleux timbre de voix alternent avec des images d’archives de la véritable auteur-compositrice-interprète donnent souvent le frisson. Mais d’où vient alors que la mayonnaise ne prend pas ? C’est le propos alambiqué du metteur en scène qui est en cause. Ses irruptions intempestives dans le champ de la caméra viennent briser la grâce de l’ensemble sans qu’on y décèle une vraie justification. Pour faire simple dans un film qui ne l’est pas, moins on voit Mathieu Amalric à l’image, mieux le spectateur se porte. C’est vraiment dommage. Restent quelques passages incandescents qui sauvent en partie le film.