Djibouti

DjiboutiTous les tams tams, tous les vaudous
Résonnent encore dans nos oreilles,
Comme les échos du soleil
A travers les tiges des bambous.
Au sud, quelques blacks désossés
Tendent la main vers les touristes,
Mais pour le cœur de la cité,
C’est ici l’entrée des artistes.

Deux trois sorciers multicolores,
Dans des vêtements de pacotille,
Ecrasent sous leurs pieds des brindilles
Pour conjurer le mauvais sort.
Au nord, des enfants aux yeux tristes
Sont assis à même le pavé,
Mais pour le cœur de la cité,
C’est ici l’entrée des artistes.

Plus loin, on traîne dans un cimetière
Quelques carcasses de voitures
Qu’on échange contre une sépulture
De ferraille pour un pays tiers.
A l’ouest, des femmes dégingandées
Exhibent des robes d’améthyste,
Mais pour le cœur de la cité,
C’est ici l’entrée des artistes.

En route vers le centre ville,
Nous avons laissé nos passeports
Pour l’amour à l’aéroport
Dans les soutes d’un ciel de vanille.
A l’est, on regarde s’envoler
Tous les oiseaux vers d’autres pistes,
Mais pour le cœur de la cité,
C’est ici l’entrée des artistes.

Derrière les vitres du taxi,
Des rues bariolées nous entraînent
Vers une adresse européenne
Dans un quartier de Djibouti.
Au centre, des immeubles de craie
Dressent leurs sexes impérialistes,
Et en plein cœur de la cité,
C’est ici que meurent les artistes.