Jadis

En cette fin de millénaire,
Un gamin surnommé Jadis
De trois kilos vint à paraître,
Père inconnu et sans matrice.
Il était né à Pointe-Noire
Et fut ainsi vite appelé
Car il surgissait d’un passé
Où l’on racontait des histoires.

Il était donc une fois Jadis
Qui fut élevé par une mère,
Qui l’appela aussitôt mon fils,
Mais on dit qu’c’était sa grand-mère.
L’enfant développa sans effort
Sous la coupe de Mâ Célestine
Des qualités qui donnaient tort
Aux jalousies de ses voisines.

Bien que la grande Célestine
Le gava de repas de fêtes,
Jadis, perdu dans la cuisine,
Ne prenait pas de centimètres.
Dans le quartier du Joli-Soir,
Quand il s’en allait au lycée,
Les sornettes et les racontars
Le comparaient à un pygmée.

Pourtant on s’aperçut bien vite,
Pendant les nuits de pleine lune,
Quand l’insomnie vous y incite,
Ô mon Dieu, qu’il en avait une !
Bientôt toutes les femmes de la ville,
Blanches ou noires avec leurs gris-gris,
Voulaient l’emmener à Brazzaville
Goûter aux plaisirs interdits.

Maintenant qu’il s’en est allé
Vivre sa vie là-bas en France,
D’anciennes vierges effarouchées
Regrettent toutes son absence.
Il était une fois Jadis,
Un nain doté d’un si gros membre,
Que toutes les femmes se cambrent
Au souvenir du temps jadis.