Jungle

Dans le village de Malaisie,jungle
L’air est poisseux, la mousson cingle,
Drue dans un tourbillon de pluie,
Les mystères qu’annonce la jungle.
Derrière nous avons laissé
Les lumières de Kuala Lumpur,
Ses imams, sa chaleur de four,
L’humble douceur de ses marchés.

Les arbres du Teman Negara
Projettent au sol d’étranges ombres
Qui écoulent entre nos dix doigts
Les grands trésors de la nuit sombre.
Le guide nous allume un feu
Qui éclaire par-dessus nos têtes
Des rêves de lune merveilleux
Dans une forêt que l’on étête.

Nous pensons à quelques grands tigres,
A des panthères, des koalas,
Des animaux que l’homme dénigre
Dans des grands zoos de cinéma.
Dans la crainte, nous espérons
Que sous les lianes qui s’étiagent,
Dès le matin, nous croiserons
Le museau d’une bête sauvage.

Dans l’aube du jour débutant
Qu’on perçoit dans les arbres étanches,
On entend le cri d’un serpent
Qui s’enroule autour d’une branche.
Tous ces halos blancs qui transpercent
Les feuilles des eucalyptus
Sont des havres de paix qui bercent
Nos peaux de moustiques et de puces.

Nos corps sont pris dans une gangue,
Nous regrettons presque la foule,
Le soleil pâle de Penang,
Une île encerclée par la houle.
A la fin de l’expédition,
Nous irons soigner notre faim
Et l’amour de nos addictions
Dans un hôtel européen.