Le perroquet de Santiago

cabron

Dans sa maison de Santiago,
Pedro avait un perroquet
Qu’il élevait sans dire un mot.
Et pourtant l’oiseau répétait
Une phrase qu’il avait peut-être
Entendue très tôt sur son île,
A l’école des volatiles,
Avant de se trouver un maître.

Ese typo es un cabron,
Il parle comme un imbécile,
On lui remettra la couronne
Du roi des couillons entre mille.

Un jour Pedro eut la visite
D’un acheteur pour sa maison,
Mais l’oiseau pensa « pas si vite »,
Ce n’est pas encore la saison.
Quand l’homme entra dans la cuisine,
Il dit : « Belle cage, bel oiseau »,
Mais il entendit aussitôt
Comme un refrain que l’on serine …

Ese typo es un cabron,
Il parle comme un imbécile,
On lui remettra la couronne
Du roi des couillons entre mille.

La renommée du perroquet
S’étendait dans le voisinage.
Ainsi quand elles voulaient tester
Un homme avant le mariage,
Les Chiliennes avaient pris coutume
De l’emmener incognito
Entendre en privé chez Pedro
Le jugement de la bête à plumes.

Ese typo es un cabron,
Il parle comme un imbécile,
On lui remettra la couronne
Du roi des couillons entre mille.

A la fin un homme trompé
Par cette sentence funeste
Décida dans un dernier geste
Sans plus tarder de se venger.
Quand le couteau ouvrit la cage,
L’homme vit l’oiseau s’envoler
En fredonnant dans son sillage
Les paroles abominées.

Ese typo es un cabron,
Il parle comme un imbécile,
On lui remettra la couronne
Du roi des couillons entre mille.