L’éclipse

Pendant les trois minutes entières
Que dura l’éclipse de mai,
Maria fixa l’astre solaire
Dont la lune masquait la clarté.
Quand le jour revint sur Séville,
Collé au fond de sa rétine,
Un soleil noir indélébile
Brillait d’une lueur divine.

Lux fiat lux fiat et nox advenit

Maria pieds nus dans les champs
Courait en émettant des cris
Qui faisaient s’enfuir les brebis
Et se tourner les paysans.
Le vice-roi proche de Moron,
Amoureux fou de Maria,
L’enleva et la protégea
De la Très Sainte Inquisition.

Lux fiat lux fiat et nox advenit

L’orage s’abattit sur Séville
Détruisant le palais du roi
Et fissura la Giralda
Refuge des chrétiens de la ville.
En ces journées de fin du Monde,
Les chanoines et les curés
Réclamèrent que leur soit livrée
La vierge à la crinière blonde.

Lux fiat lux fiat et nox advenit

Peu après la fin du solstice,
Maria la douce fut enfermée
Dans le grand Couvent des clarisses
Au fond d’une cellule, enchaînée.
Elle crachait sur la nourriture
Et criait après ses geôlières
Qui se taisaient sous ses injures
La maudissant dans leurs prières.

Lux fiat lux fiat et nox advenit

La rumeur parcourut la ville
Que la folie avait atteint
La mère abbesse et toutes les filles
Et contaminé les lieux saints.
Quand l’exorciste pénétra
Dans le cloître près du donjon,
Toutes les sœurs fixaient Maria,
L’œil noir du Diable sur son front.

Lux fiat lux fiat et nox advenit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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