Nobel

La distribution du Nobel,
Objet de la cérémonie,
Distinguait un profond ennui
Dans cette ville où l’on se gèle.
Le champagne et les petits fours
Qui avaient suivi le verdict
Avaient fait taire les critiques
Sur l’œuvre du lauréat du jour.

La prestigieuse académie
Avait le sens du decorum,
Comme si la cité de Stockholm
Etait récipiendaire du prix.
Les uns, les autres se taisaient,
Plus de désaccord, ni prétexte
A se chamailler sur les textes
D’un auteur si controversé.

Quand le président du jury
L’invita seul à la tribune,
Il monta les marches une à une
Afin de recevoir le prix.
Etait-ce une coupe, une médaille ?
De l’endroit où j’étais placé,
Je ne distinguais rien qui vaille
Un tel honneur si discuté.

Personne n’attendait que l’auteur
Ne décrive dans son discours
Ses états d’âme en ce jour
Sous la lumière des projecteurs.
Il n’eut de cesse de s’excuser
Pour l’absence d’imagination
Qu’il avait sciemment délaissée
Dans ses œuvres de création.

« J’ai conscience d’être le produit
Naturaliste de mon époque,
Où nos contemporains se moquent
Des héros et de l’infini.
Comme certains auteurs décriés,
J’ai un idéal très pratique,
Raconter la vie telle qu’elle est
Bien loin de toute métaphysique. »

 

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