Paterson

Pour une fois qu’un film parle de poésie, je ne pouvais pas garder le silence. Ce film est une sorte d’OVNI par rapport à la production cinématographique courante qui abuse souvent de scènes spectaculaires qu’agrémente un montage toujours rapide. Paterson va à son rythme. C’est à la fois le patronyme du héros et le nom de la ville qu’il habite. Paterson n’a pas de smartphone, il est chauffeur de bus et écrit des poèmes sur un carnet secret qu’il partage avec sa femme jouée par la sublime Golshifteh Farahani. Elle espère devenir chanteuse folk et  faire fortune grâce aux gâteaux qu’elle vend le dimanche sur le marché. Paterson aime les poètes et en particulier ceux de sa ville, Allen Ginsberg et  William Carlos William. Sa vie est réglée entre ses trajets de bus, quelques moments volés dans un bar où règne un patron désabusé et débonnaire, l’amour de sa femme et de son chien. Pour la poésie de Paterson, la ville, un visiteur japonais échangera quelques instants magiques avec le héros du film. Cette scène qui conclut le film en est en quelque sorte la signature métaphorique. Film à la fois très simple et merveilleux. A voir de toute urgence !