Rome 2016

Des nuées d’oiseaux dans le cielrome
Zigzaguant dans un même instant,
Des étourneaux ivres de vent,
Volaient en cercles parallèles.
Sur le vieux bus à l’impériale,
Une romaine belle et tragique
Levait les yeux vers les étoiles
Qui couronnaient la basilique.

Nous voyions dans la nuit tombante
Se détacher toutes les coupoles,
Et s’allumer quelques idoles
Dans les vitrines de la place Dante.
Nous frissonnions tous sur le toit,
Mais le chant des voix italiennes,
Comme un libretto d’opéra,
Berçait nos oreilles païennes.

Les Africains dans les ruelles
Pliaient leurs étals de fortune,
Photos du pape, faux sacs Chanel,
Piètres offrandes pour quelques thunes.
Les baraques, piazza Navone,
Vendaient encore des sucres d’orge,
Des pétards et des pets de nonne
Pour les oreilles, le nez, la gorge.

Sur la piazza del Popolo,
On ne devinait plus qu’à peine
Les feuilles mordorées qu’égrènent
Les heures claires du Pincio.
Les touristes, via del Corso,
Noyaient maintenant dans la nuit
Leurs vœux transformés en euros
Dans la fontaine de Trevi.

La bocca de la Verita
Nous attendait au terminus,
Comme un trou pour plonger nos doigts
Dans les mensonges de Romulus.
Dans le quartier du Trastevere,
L’enchevêtrement des venelles
Nous donna le goût éphémère
Des songes de la ville éternelle.