Roms

RomsElles sillonnent tous les chemins
Et racontent la bonne aventure,
Quelques mystères au creux des mains
Des belles à la triste figure.
Elles marchent en cachant leurs dentelles,
Frissonnantes sous les guenilles,
Aux bras, aux cous et aux oreilles,
Des joyaux de bijoux qui brillent.

Les enfants suivent en riant
Le cirque des romanichels,
Les oiseaux, les singes savants
Sifflent des plaintes de crécelles.
Là-bas au fond de la roulotte,
Un homme compose un orphéon
En promenant ses deux menottes
Sur les touches de l’accordéon.

Maint’nant ils montent le chapiteau
Sur l’herbe de la place des Halles,
Les acrobates et leurs cerceaux
Jonglent avec trois ou quatre balles.
Et tous les marmots du village
Aux côtés de vieilles hilares,
Attendent sous de faux airs sages
Le spectacle de huit heures du soir.

On fait la queue, on s’asticote,
On se bouscule sur les bancs.
Les bambins montrent leurs quenottes
Aux genoux serrés des mamans.
Un perroquet vert sur l’épaule,
Le clown sourit sous la grimace.
Son visage écarlate frôle
La foule dans un instant de grâce.

Ils repartent le lendemain
Le long des routes ensoleillées,
En chapardant dans les jardins
Les baies rouges des framboisiers.
Tous les soirs au bout de la nuit,
Autour d’un verre, d’une gamelle,
Ils évoquent dans les étincelles
Leurs ancêtres de Roumanie.