Une aussi longue absence

Ce film français magnifique ne date pas d’hier, il a obtenu le prix Louis Delluc et la palme d’or au festival de Cannes en 1961. De cette année, les cinéphiles ont surtout retenu Viridiana, le film de Bunuel qui a reçu le même prix ex aequo avec lui à Cannes. Pour en savoir un peu plus sur son réalisateur, Henri Colpi, j’ai consulté une vieille encyclopédie du cinéma où il est écrit que Colpi était à l’origine un talentueux monteur qui avait travaillé pour Agnès Varda et Alain Resnais. Cette qualité ressort du film où certaines scènes de quinze secondes en disent plus que bien des films. Marguerite Duras a cosigné le scénario où une femme patronne d’un café croît reconnaître dans un mendiant amnésique son mari déporté à la guerre seize ans plus tôt. Alida Valli est merveilleuse dans ce rôle, même si des metteurs en scène contemporains jugeraient sans doute qu’elle en fait un peu trop. L’avant-dernière scène du film est bouleversante quand le mendiant joué par Georges Wilson s’enfuit en courant dans les projecteurs d’un camion … C’est tout simplement un chef-d’oeuvre que je vous invite à redécouvrir.